Tout commença par un adieu. Les blessures étaient trop profondes, elle ne pouvait plus continuer de vivre en sa compagnie. Elle dû se résoudre à prendre son courage a deux mains et lui anoncer qu'elle le quittait.
Son regard inquisiteur lançait des éclairs qui zébraient leur ciel à eux deux. Tous ces instants partagés, tous ces souvenirs, toutes ces joies vécues à ses côtés... Tout cela ne comptait plus, ne devait plus exister.
Et pourtant, elle savait qu'elle ne pourrait pas l'oublier.
Son visage qui, si souvent l'avait rassurée, son sourire qui, comme un phare en pleine tempête lui permettrait d'avancer et de se repérer malgré le brouillard environnant. Son odeur ennivrante qui lui faisait perdre la tête, ses gestes doux, ses mots attentionnés...
Le frôlement de ses doigts sur sa peau qui, comme l'écume venaient l'apaiser ou la chatouiller afin de faire s'épanouir des sourires sur son visage éteint.
Sa mémoire le lui rappellerait sans cesse, elle le savait. Elle lui ferait peser le poids de son absence, elle lui ferait resentir le manque. Ce manque terrible de tout ce qu'ils avaient été, de tous ces instants partagés.
Mais elle ne pouvait plus continuer de vivre en sa compagnie, elle devait s'en protéger. Il avait été comme une fenêtre ouverte vers un autre monde, vers un univers en couleur. Mais à présent le temps était venu de refermer cette fenêtre et de sortir par la porte pour vraiment pouvoir profiter de la beauté de cet au-delà qu'il lui avait permis de toucher du bout des doigts. En profiter mais sans lui. Il n'était pas ce qu'il y avait derrière la porte, mais juste une clé permettant de l'ouvrir. Elle l'a compris trop tard. Son coeur s'était déjà emballé.
Il ne faisait pas partie de cette catégorie de livres ouverts au hasard. Elle avait trop longtemps hésité à lui accorder une place dans son coeur. Elle s'était trop longtemps battue contre ses sentiments qui sans cesse revenaient la hanter. Comme si sa raison lui dictait des instruction secrètes pour l'empêcher de vivre enfin. Comme si le bonheur lui était interdit. Elle ne cessait de tout remettre en question, de se haïr de s'attacher à lui. Et plus elle s'interrogeait, plus le gris revenait et chassait les couleurs que lui seul avait été capable de créer. Elle redevenait une proie pour l'ombre et se laissait emporter par la mélancolie. Les dernières fleurs d'automne semblaient fâner dans son coeur. Il ne lui apportait plus que des pleurs. Il était apparu dans sa vie, comme un chef d'oeuvre magistral, un éclair éblouissant qu'elle n'avait pas pu ignorer, tant il lui était opposé. Ce monde extrême l'intriguait et elle s'est laissée happée par ses paroles, ses sourires, sa présence... Elle n'aurait pas dû. Si seulement elle avait su... Cet amour qui petit à petit avait éclot en elle et lui avait donné des ailes allait finir par l'anéhantir. Il allait la ramener dans le désert de sa solitude, comme tous les amours non partagés. Il allait la faire redevenir transparente au yeux du monde. Ou plutôt à ses yeux à lui. Son regard dans lequel elle s'était sentie revivre allait sans aucun doute se détourner d'elle et partir à la recherche d'une autre qu'elle à séduire et à aimer. Cette autre qui était son opposé à elle mais qui lui correspondrait tellement mieux à lui...